Non, Moscone West n’est pas le nouveau bébé de Kim Kardashian

Ben non, ce n’est pas ça, c’est juste le nom d’une partie du Moscone Center – le palais des congrès de San Francisco – dans laquelle tous les ans entre mi mai et mi juin Apple et Google font venir leurs amis développeurs.



Ok mauvais exemple, là ce n’est ni Google ni Apple

(Apple) WWDC ?

wwdc_decoApple a initié le mouvement avec sa WorldWide Developer Conference (WWDC) qui prend place historiquement à Moscone West tous les ans depuis 1990 – elle a failli être délocalisée à San José en 2003, mais en fait non – et accueille tous les ans de 3000 à 5000 développeurs du monde entier.
Depuis 1998 en particulier la présentation d’ouverture – ou keynote – initiée par Steve Jobs est particulièrement médiatisée, et a été l’occasion de présenter de nombreuses nouvelles version logicielles (de MacOS devenu ensuite OSX, puis d’iOS), ainsi que de nouveaux produits plutôt destinés aux professionnels et en particulier aux développeurs : si le grand public se souvient surtout des présentations des premiers iPod, iPhone, iPad ou plus récemment Apple Watch qui n’ont pas eu lieu lors de la WWDC, les professionnels n’ont certainement pas oublié le G5 en 2003, le Cinema Display en 2004, le Mac Pro en 2006, le Macbook Pro Retina en 2012 ou le (nouveau) Mac Pro en 2013. Quelques versions intermédiaires de l’iPhone y ont toutefois été présentées (le 3G, le 4).
L’histoire d’Apple au sens large est fortement marquée par de nombreuses séquences de la keynote d’ouverture de la WWDC, de l’apparition de Bill Gates sur l’écran géant en 97 à l’occasion du deal avec Microsoft à l’annonce du passage aux processeurs Intel en 2005, en passant par l’enterrement symbolique d’OS9 en 2002.
On y retrouve le folklore cher à Steve Jobs, des « boom » au « one more thing » : les curieux ou nostalgiques pourront tout retrouver ici (l’ensemble de ce site est une mine d’infos).

Les participants doivent s’acquitter pour une semaine de conférences et de très précieux et prisés ateliers d’un droit d’entrée élevé (1600$ depuis quelques années maintenant) et n’y vont pas pour les cadeaux puisqu’ils se voient offrir en général un simple signe distinctif (une pochette ou depuis 2010 une veste, j’y reviendrai) même si il y a eu quelques surprises (en 2003 chaque participant a pu trouver une caméra iSight sous son siège).
La décoration du Moscone Center s’y veut toujours très sobre, principalement composée de bannières présentant les nouveautés ce qui permet aux personnes sur place avant l’ouverture de décrocher des scoops (« il y a une bannière avec un ciel bleu, il vont sortir un drone, c’est sûr »).
A l’occasion de la sortie d’un nouveau produit celui-ci peut être aperçu sous verre dans les travées du premier étage.
Quelques produits dérivés sont en vente sur place (t-shirts ou trucs du genre).
Bref on est là pour travailler, pas forcément pour s’amuser…

Google IO ?

ios_decoDu côté de chez Google si l’événement est bien sûr plus récent puisqu’il n’existe que depuis 2008, il n’en est pas moins un rendez-vous incontournable des développeurs un tant soit peu intéressé par Android et les produits Google en général. Longtemps réservé aux résidents américains, il est désormais ouvert à tous.
Au fil des années on a pu y découvrir les évolutions successives d’Android et de ses déclinaisons (Wear, TV, Auto), de Chrome, de Chrome OS, App Engine, ou encore le défunt Wave et le moribond Google+.
Certains produits y ont également été présentés comme le Chromebook en 2011, les produits Nexus (7, Q) mais également les Google Glass en 2012, avec à l’origine la possibilité pour les seuls présents d’en obtenir une paire et d’adhérer au programme développeurs (« explorer »).

Le droit d’entrée est fixé à 900$, mais est facilement compensé (au-delà de la valeur intrinsèque des conférences données, qui n’est pas inférieure à celles de la WWDC) par les cadeaux remis aux participants : smartphones, tablettes, Chromebooks, smartwatches… lors de l’édition 2015 qui vient de se terminer les personnes présentes ont pu repartir avec un Nexus 9 et la nouvelle version du Cardboard.
Comme toujours chez Google les développeurs sont choyés, le lieu change de visage pendant les 2 ou 3 jours (selon les années) que dure l’événement.
Quasiment tous les produits en lien avec Google peuvent y être testés, triturés voire achetés, tout comme une gamme considérables de goodies.

Ok, j’y vais

Vous l’avez compris, je ne fais pas partie des personnes qui estiment « que c’est de l’escroquerie » : je suis plutôt un convaincu et un habitué, je gagne ma vie en développant et j’estime que se tenir au courant est primordial et que le prix a payer a beau sembler élevé, il est rapidement rentabilisé. Et quand on me rétorque que les vidéos des conférences sont disponibles en ligne désormais et que le déplacement ne présente pas d’intérêt je veux bien l’entendre, mais au-delà du fait qu’il est en outre possible sur place de discuter avec des spécialiste – de chez Apple ou non – en ce qui me concerne un pèlerinage annuel à San Francisco est un cocktail idéal pour changer d’air tout en me réservant du temps pour apprendre et ne pas risquer de rater un virage important.
Mais depuis quelques années il devenait plus compliqué de s’y rendre car tout se déroule à guichet fermé, et les places disponibles partaient de plus en plus rapidement (en 2013 pour obtenir un billet pour la WWDC il fallait réserver dans les 70 secondes suivant l’ouverture des ventes), du coup depuis 2014 l’attribution des billets se fait à la loterie, il faut donc être chanceux !
fuck

Et si on n’est pas chanceux, que faire ? Eh bien cette année, étant déjà déçu de ne pas pouvoir aller à Google IO, j’ai pris les devants et pour la première fois j’ai réservé mon vol et mon hôtel avant de savoir si j’aurais ma place, car la semaine de la WWDC ce n’est pas que la WWDC : c’est tout San Francisco qui suit le mouvement !
En particulier il y a AltConf, une conférence alternative qui a justement été créée (par et) pour les personnes n’ayant pas eu de billet, et qui présente encore cette année pour sa troisième édition une vraie alternative intéressante avec des intervenants de renom (Jack Dempsey, Matt Thompson de Panic, Jay Freeman aka Saurik de Cydia, Ray Wenderlich…).

Et en dehors des confs je fais quoi ?

Il y a sur place la quasi certitude de rencontrer des connaissances et des gens avec les mêmes centres d’intérêt que soi ; et même si on n’est pas complètement à l’aise avec l’anglais – ou si on veut créer des liens avec des développeurs / sociétés français – les français qui font le déplacement suivent, sous la houlette du responsable des relations développeurs Apple, les mêmes habitudes tous les ans (soirée le lundi soir au Chieftain Irish pub, petits déj’ au Mel’s Drive in…).

D’ailleurs pour reconnaître un participant à la WWDC c’est simple : Apple distribue depuis 2010 à chaque participant des vestes marquées de l’année en cours, et au sein de chaque groupe il y en a bien toujours un qui n’a pas prévu que même en Californie, il faut un peu frais le matin !
jacket

partiesEnfin, que ça soit durant IO ou la WWDC de nombreuses sociétés organisent des « parties » pour rencontrer leurs utilisateurs, et en s’y prenant tôt c’est vraiment l’occasion de faire des rencontres, de visiter des lieux impressionnants en plein centre de San Francisco (les sièges de Twitter, Foursquare, Real, Fitbit, Jawbone y reçoivent des gens tous les ans), et de s’amuser (je me souviens d’un Hackaton Sphero magique il y a 3 ans !).

Si à tout hasard certains d’entre vous s’y rendent la semaine prochaine et ne savent pas comment participer à ces événements, regarder par ici.

Dans tous les cas si vous y êtes contactez-moi !

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PS : si vous êtes fan de NBA, IO se passe pendant les finales de conférence et la WWDC pendant la finale, et c’est particulièrement intéressant cette année puisque les Warriors sont finalistes !