Envie de projet #3, un dispositif digital sans limites

Ingénieur logiciel, chef de projet technique, consultant en stratégie numérique de l’ombre depuis plus de 10 ans je travaille constamment sur plusieurs projets en parallèle.
Expérimenté dans plusieurs domaines, je cherche à trouver des projets expérimentaux pour m’aguerrir sur des technos différentes.
Chaque semaine Aussi souvent que possible, je vous présenterai une nouvelle envie.

Malgré l’avalanche de propositions (tout est relatif) je persiste à avoir envie de faire part ici des projets qui me tentent !
Après quelques semaines chargées, que ça soit par le boulot où les fêtes, je vais vous parler cette fois-ci de dispositif digital.

Avant de démarrer je tiens à vous faire part d’un prise de conscience qui m’est venue en relisant un ancien article, je me rends compte que je ne suis pas toujours très lisible avec mes multiples apartés et parenthèses, à partir de maintenant je ferai donc ces digressions en fin d’article.

Cet article est prêt depuis avant les fêtes, mais j’attendais la livraison de balises iBeacon commandées auprès d’un nouveau fournisseur pour vous en parler ici par la même occasion, cette technologie étant pour moi un des piliers du sujet dont je veux parler (1). Cette livraison se faisant attendre tant pis, j’y dédierai un article.

Alors pour revenir au sujet non, un dispositif « digital » n’est pas un dispositif avec des doigts, ni un dispositif qui se touche, c’est juste une traduction littérale qui me semble plus parlante que « dispositif numérique ». N’en déplaise à @NumeriqueBordel.
Un tel dispositif repose principalement selon moi sur un besoin marketing, il a pour but premier de séduire l’utilisateur, que ça soit par un effet « wahoo » ou par le buzz qui en découle quand tout se passe bien. L’idée est de mixer innovation et personnalisation pour donner envie à un utilisateur potentiel d’en savoir plus et de partager son expérience.
Le retour sur investissement engendré peut dans certains cas être calculé en termes de conversion ou de taux de transformation, mais aussi de plus en plus selon des indicateurs de présence sur les réseaux sociaux (2).

J’ai déjà eu l’occasion de travailler sur différents dispositifs, basés sur des apps ou des sites mobiles, à base de QR codes ou plus généralement de reconnaissance d’image, de reconnaissance audio, de réalité virtuelle, de géolocalisation bien sûr mais aussi de micro-localisation, de notifications, de Passbook (3), d’interactions plus ou moins complexes avec la plupart des réseaux sociaux (4)… l’aspect technique n’est plus un problème et j’aimerais vraiment aller plus loin et travailler sur THE killer dispositif qui mixe tout ça, ou encore mieux sur un outil permettant de simplifier la mise en place de tels dispositifs, un peu comme tend à le faire PassKit.

Il est difficile de cartographier toutes les combinaisons possibles de ces technologies (5), mais on pense souvent en premier lieu à la notion de fidélisation des consommateurs, créneau sur lequel se sont placées de nombreuses boîtes déjà (6), utilisant souvent simplement le QR code et la géolocalisation, parfois la micro-localisation : il serait possible d’aller beaucoup plus loin, dans la reconnaissance, la personnalisation ou l’interaction, en particulier avec les réseaux sociaux.
Dans un domaine complémentaire j’aime bien ce que fait PlaceLink, qui permet aux commerces qui n’ont pas d’app – ou qui ont du mal à engager avec – de quand même mettre un pied dans la micro-localisation (7). PlaceLink apporte une solution tentant de mettre en avant une app mutualisée qui centraliserait les communications de magasins de notre choix, comme le font les apps de fidélisation avec les cartes de fidélité. Il ont la bonne idée de proposer une solution clé en mains en se positionnant aussi comme fournisseur de balises iBeacon (8). C’est français (de Rennes), c’est FrenchTech, c’est une bonne idée. Est-ce que ça fonctionnera ? Pas sûr. Est-ce que ça aurait plus de chance de fonctionner si c’était intégré à FidMe ou si ça intégrait les fonctionnalités et la notoriété de FidMe ? Selon moi, sûrement…
Il est bien évidement possible de ne pas se cantonner au simple rapport marchand-consommateur : j’ai par exemple apprécié récemment quelque chose de tout simple, le « networking radar » de l’application LeWeb, qui permettait de voir les profils LinkedIn des personnes présentes à la même conférence que moi via une notification reçue en entrant dans la salle.
De nombreux stades aux Etats-Unis sont également équipés, que ça soit pour guider les supporters dans leur placement ou pour leur permettre de commander de la bière et des nachos.
Enfin on trouve de plus en plus de dispositifs permettant de relayer un complément d’information sur smartphone, en particulier dans les salons (9).

Voilà pour ce petit tour d’horizon, sur ce sujet je suis moins dans la découverte que sur les précédents mais il s’agit vraiment d’un domaine qui m’attire ! Si vous êtes une agence de marketing, que vous avez de bonnes idées et pas envie de vous prendre la tête avec la technique, je peux vous aider !

Du temps à perdre ?

(1) Première digression : je parle beaucoup de micro-localisation et en particulier d’iBeacon dans cet article, parce que c’est quelque chose qui prend vraiment de l’importance, qui a un potentiel énorme et qui est un pilier de la nouvelle révolution d’Apple. Oui, révolution, comme les guignols (ceux de Canal et ceux, plus nombreux, qui n’ont que ce mot à la bouche quand il est question d’Apple).

(2) Au sujet de la quantification sur les réseaux sociaux, en plus des partages/retweets j’aime assez la notion de « média-impressions », souvent utilisée par Fred Raillard de Fred&Farid dans sa chronique #FredInChina que j’avais découvert un peu par hasard à LeWeb cette année et qui m’avait subjugué (n’ayons pas peur des mots). Je vous la conseille vivement !

(3) PassBook est une app Apple permettant de centraliser « des trucs » : même si c’est apparu avec iOS6 son utilisation reste encore réservée aux initiés j’ai l’impression, mais c’est bien utile pour y ranger ses coupons de réduction ou ses billets (de train, d’avion, de conférences etc.) dans la mesure où ça peut s’afficher sur l’écran verrouillé selon la géolocalisation et/ou l’heure. Depuis iOS8 et Apple Pay les américains peuvent aussi y stocker leurs cartes bancaires, auxquelles l’accès est par leurs empreintes digitales (on en revient au (1). Il existe des apps plus ou moins compatible sur Android, par exemple PassWallet.

(4) Références sur demande, n’hésitez pas !

(5) « Stratégies » recense quelques campagnes sur son site

(6) On peut citer rien qu’en France le précurseur FidMe, mais aussi Qustomer, FidMyShop, QoodosFidelPass ou YouFID (et j’en oublie certainement d’aussi avancés ou reconnus).

(7) Ce que j’appelle micro-localisation, c’est l’utilisation de balises de proximité de type iBeacon permettant par exemple d’envoyer sur votre smartphone des informations contextuelles selon le rayon d’un magasin dans lequel vous vous trouvez (ce que font les Apple Store, et ce que prévoit de faire dans un avenir plus ou moins proche la Fnac). Elle pose un problème récurrent, qui est que ça ne fonctionne qu’avec une app que vous avez installée. En effet si il est possible de spammer les utilisateurs Android via le Bluetooth à partir du moment où ils sont « détectables », ce n’est pas le cas sur iPhone.

(8) Je disais en début d’article que j’y reviendrais plus tard, mais je voudrais déjà souligne le fait que si Estimote est le fournisseur historique de balises c’est aujourd’hui loin d’être le plus pratique et complet (durée de vie des piles non interchangeables, puissance, fréquence, connectivité…)

(9) J’ai eu l’occasion de rédiger un rapport sur l’utilisation de supports numériques à l’occasion du dernier Mondial de l’automobile, qui montrait qu’en laissant de côté les marques « élitistes » on constatait une vraie adéquation entre la sophistication des dispositifs mis en place et la cible recherchée : ça ressemble à de l’enfonçage de portes ouvertes comme ça, mais en connaissant les marques il est possible de prédire comment seront présentées les véhicules, qui en mettra plein la vue avec des écrans géants, qui ira plus loin avec par exemple des expériences à base d’Oculus Rift. Je devrais à priori renouveler l’expérience au salon de Genève en mars, et suis curieux de voir le tour que ça aura pris !

Illustration d’entête : Estimote. Pour le coup, c’est un dispositif digital un peu limité.